CAPITALISME SAUVAGE ET CULTE DE L'ARGENT

Publié le par Tournys

     CAPITALISME SAUVAGE ET CULTE DE L’ARGENT

 

 

 "Pourquoi nous les êtres humains vouons-nous un culte à l'argent qui reste un moyen d'échange comme un autre ? La réponse est simple : parce que l'argent nous permet, semble-t-il, de satisfaire nos désirs et par conséquent d'être heureux. L'argent aide manifestement à l'obtention d'un certain bonheur, mais un bonheur limité comme nous pouvons aussitôt nous en douter. "Il n'y a pas de marchand d'amis" affirmait Saint- Exupéry dans Le Petit Prince, et les gens qui ont un tant soi-peu les pieds sur terre savent très bien qu'on ne saurait être en bonne santé (physique, affective, morale et intellectuelle) simplement avec l'aide de l'argent. Par contre, avec l'argent on peut entre autre acheter du sexe. Mais suffit-il de baiser à satiété pour être pleinement heureux ? Bonne question !


            Ainsi, ceux qui n'ont pas d'argent aimeraient en avoir ; ceux qui en ont entendent le garder ou en avoir plus, ou bien encore le protéger, tandis que certains le refusent par philosophie ou vœu de pauvreté, le trouvant vil et corrupteur.
            Il y a différents moyens d'obtenir de l'argent, comme autant de moyens certainement de le perdre ou de le gaspiller. Citons d'un côté les rusés, pour qui "l'important, ce n'est pas d'avoir de l'argent mais que les autres en aient” (Sacha Guitry); et de l'autre les flambeurs riches, ceux qui ne comptent pas, et les flambeurs pauvres qui aimeraient avoir à ne plus compter.

 Soyons également objectif et constatons qu'il y a un certain nombre de personnes qui savent bien gérer leur argent, heureusement d'ailleurs. On retrouve ces bons gestionnaires dans toutes les classes sociales : chez les pauvres et les très pauvres, donc gestionnaires par nécessité, et chez les riches, parce qu'il ont l'habitude d'avoir de l'argent, savent qu'il est difficile d'en gagner, ayant par ailleurs reçu une bonne éducation.
                Sur un plan psychologique, l'obsession de l'argent entre pour une bonne part dans l'alimentation des frustrations, sauf pour celui qui n'a besoin de rien, évidemment : "quand tu n'as besoin de rien, tu es tout de suite servi" (Mouna). La frustration entraîne la jalousie. Ainsi les pauvres jalousent les riches. Or, qui peut se targuer d'avoir vu un riche envier un pauvre ? D'un autre côté, le fait d'avoir de l'argent, beaucoup d'argent, donne à certains un sentiment de pouvoir ; ils ne se sentent alors plus "pisser", c'est-à-dire qu'ils se croient tout permis. Inversement, le fait de ne pas en avoir attise l'humiliation, et par conséquent l'orgueil, d'où l'agressivité de nombreuses personnes, agressivité qui n'est pas seulement due à la faim ou au manque du minimum vital de subsistance.
                Sur le plan social et politique, personne ne contredira le fait que le culte de l'argent est à la base de nombreux conflits. On ne compte plus les guerres individuelles ou collectives que mènent les uns à l'encontre des autres pour s'approprier leurs richesses Ce culte est en outre fréquemment masqué par des idéologies plus ou moins fumeuses. Lorsque je peste contre le non respect de la liberté d'expression, suis-je frustré par orgueil de ne simplement pas pouvoir exprimer mes opinions ou bien frustré de ne pas pouvoir dénoncer des inégalités en rapport avec l'argent ? Les conflits d'adultes se résumeraient alors à ce qu'on peut observer à la cantine d'une école primaire : "msieur, msieur, il en a pris plus que nous dans le plat !"

 Enfin, et c'est là un paramètre non négligeable, plus on dépense de l'argent, plus on pollue pour ainsi dire ; l'argent restant un agent intermédiaire car favorisant notamment les activités polluantes.

Après ce bref et incomplet état des lieux, voyons brièvement certaines tentatives idéologiques pour pallier aux criantes inégalité de ce monde.

La solution religieuse : vivre dans la pauvreté, la générosité, le don de soi. "Mon dieu, que ta volonté soit faite", etc. Evidemment, l'obéissance des uns à ces préceptes est tout bénéfice pour les autres ! Serait-ce alors respecter sa propre intégrité et les valeurs universelles bénéfiques à tous les hommes que de rester en fait passif face à un monde économiquement mais prétendument prédateur  ?

La solution alternative : par exemple le principe de décroisssance. On consomme moins, on a donc moins besoin d'argent et donc moins besoin de travailler, et c'est par conséquent du temps de gagné pour enrichir ses relation, la fameuse fraternité claironné partout ! Quant on perçoit les intentions sous-jacentes de certains de nos concitoyens, leur manque de convivialité et leur individualisme persistant, une personne vigilante tend évidemment aussitôt à se méfier de certaines théories économiques en apparences séduisantes. Que voulez-vous : on n'apprend pas aux singes à faire la grimace ! Pendant qu'on y est, que cache également cette notion de partage valorisée par certains ? Partage comment ? En fonction de quels critères ? Par ruse, avidité, uniformité, ou bien sagesse, mérite, nécessité, équité ? C'est, semble-t-il selon les obsessions contradictoires des uns et des autres.

Et oui ! très difficile sinon impossible dans ces conditions d'échafauder un processus économique révolutionnaire, cohérent et universel qui satisferait tous les êtres humains, à la fois respectueux de leur intégrité et de leur environnement.
            Une remise en question globale s'avère alors nécessaire. Mais qui est prêt au constat douloureux que l'on a toujours ce qu'on mérite, que l'on fabrique soi-même le bâton avec lequel on se fait taper dessus? Personne, et avec raison. Ainsi, pas de constat péremptoire, pas d'accusation de qui que ce soit, pas de boucs émissaires mais seulement une compréhension bénéfique des choses."

 

Nouveau texte proposé par Hélène.

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RegorMougeot 30/10/2008 15:07

Faisant parti des « êtres humains », je déclare ne pas vouer un culte à l’argent ! Dangereux de généraliser ! Je ne dois pas être la seule à privilégier depuis toujours dans mon existence d’autres valeurs que celle-là, subalterne, un moyen nécessaire dans la société actuelle, mais sans plus, et alors au service simplement d’autres valeurs plus épanouissantes. Chacun se doit de suivre les exigences de sa conscience qui prime alors sur le reste. Certes, dans la société telle qu’elle est, il y a un prix à payer pour faire valoir son « objection de conscience ». Il fut quelque courage pour exister par soi-même et ne pas suivre les « moutons de Panurge », mais c’est aussi une aventure passionnante qui porte sans cesse au meilleur de soi-même…
Un visiteur de passage.