UN EXEMPLE DE SOCIETE DESTRUCTRICE

Publié le par Tournys

LA CONSTITUTION DES GHETTOS SOCIAUX

 

 

 

        Comment se manifeste la culture de haine dans notre société ? Un exemple éclairant est celui de la jeunesse dont l'existence se déroule dans le quartier, le grand ensemble et l'école, le collège, le lycée ou …la rue. Que se passe-t-il actuellement dans notre société ? Essayons de le prendre en exemple pour nous servir de révélateur du déroulement inéluctable d'un processus qui n'est pas encore compris dans sa globalité.

Les bases de la société dans son ensemble sont de plus en plus malsaines. En constituant les ghettos sociaux que sont les tours des grands ensembles urbains, la société posait les germes des problèmes actuels. C'est la haine de l'autre qui a motivé l'implantation de toute une population loin des quartiers et des villes résidentielles où, sans que le mot écologie n'ait jamais été prononcé, la classe bourgeoise dirigeante a maintenu une grande qualité d'environnement alors que celui-ci a été systématiquement détruit dans les quartiers populaires, dans les communes prolétaires, voire sous-prolétaires. La main-d’œuvre sous-qualifiée nécessaire au fonctionnement de l'industrie productrice de plus-values a donc été déportée dans des zones sacrifiées au bénéfice de la classe patronale dirigeante et de la bourgeoisie.

Les écoles de ces zones défavorisées devaient inévitablement connaître d'énormes problèmes puisque concentrant tous les handicaps. Pour les enfants de ces cités plus encore que pour les autres, est-il naturel d'aller à l'école lorsqu'on en n'a pas envie ? Est-il naturel de se plier aux normes d'une société pervertie ? Le décalage est énorme entre la manière d'être et de faire du milieu familial, du milieu social et celle du milieu scolaire. L'école primaire, jusqu'à ce jour à pu, bon an mal an, faire face à la situation mais en voyant jour après jour, année après année, les difficultés croître.

L'école condamne à l'enfermement dans des classes des enfants qui n'ont pas les aptitudes requises et qui sont condamnés à devenir de plus en plus enragés, de plus en plus perturbés, de plus en plus marginalisés. Leur présence empêche même les autres élèves de tirer le profit qu'ils pourraient de cours qui conviennent à leurs aptitudes. Les différentes sortes d'expression de l'intelligence ne sont pas prises en compte. Mais c'est surtout à partir de la sixième que le jeune rencontre l'échec : l'école est inadaptée à ce qu'il est et il la subit sans pouvoir s'y épanouir, sans y trouver son compte. Naît d'abord l'ennui par manque d'intérêt ou de capacité ; la contrainte artificielle lui est de plus en plus pesante au point qu'il désapprend. La jungle violente de la cité va contaminer inévitablement l'école qui ne peut indéfiniment rester un corps étranger au milieu, une sorte d'oasis utopique dans un désert social effarent. Alors la violence de la cité gagne l'école.

Avant, la réaction généralisée était la paresse, attitude de survie et d'attente dictée par le bon sens. Au lieu de faire l'école buissonnière, ce qui s'est toujours fait et ce qui permet à beaucoup de découvrir que, finalement, l'école n'est pas si mal que cela, l'élève, après avoir stagné, avoir désappris, va agresser violemment le professeur. Il perd le simple bon sens ; son désespoir le porte à des actes extrêmes, irréfléchis ; son instinct de survie s'étiole. La paresse, moyen normal de survie devant un enseignement théorique, abstrait, dogmatique, laisse place à la perturbation. Le perturbé devient perturbateur, d'autant plus que l'ancienne autorité, qui constituait une digue difficilement franchissable, s'est fissurée à cause de la bonne volonté, de la démagogie, du manque de structure des enseignants devenus impuissants, subissant années après années des réformes de plus en plus ineptes venues d'une administration totalement déphasée. Le seul but de certaines réformes est de tenter de garder les enfants enfermés dans l'école tout simplement pour qu'ils ne soient pas dans la rue ! Alors l'école devient la rue, inévitablement !

(à suivre…)

 

Publié dans Initiatives actuelles

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